Interview de Roman Vieille-Girardet

             (Vincennes mai 2016)

Bonjour Roman, peux-tu te présenter ?

Bonjour à tous, alors moi c’est Roman j’ai 25 ans. J’habite dans le Haut Doubs prêt de Morteau, je suis mécanicien de précision dans l’usinage. Je suis également président de l’association et capitaine de l’équipe Aquila Sequania.

Comment as-tu connus le béhourd ?

Je crois que c’est en 2011 que je suis tombé complètement par hasard sur une vidéo d’une mêlé à Vyborg.

J’ai toujours été passionné par l’histoire, attiré par la reconstitution et j’ai fait un peu d’escrime étant plus jeune. Mais quand j’ai vu cette vidéo, ça a été une vraie révélation. Je ne pensais pas qu’il existait dans combats ou les coups était porté sans aucune retenue. 

A la suite de ça, j’ai fait quelques recherches et je me suis rendu compte qu’il existait aussi des combats en équipe dans un véritable esprit de compétition. Il ne me restait plus qu’à me lancer dans l’aventure, mais à l’époque ils étaient une petite dizaine seulement à pratiquer en France.

Comment se sont déroulés tes débuts ?

J’ai fait la connaissance de Dimitri et au cours d’une discussion je lui ai parlé de ce sport. On a finalement décidé de se lancer ensemble et on a commandé notre matos au même moment. Evidement comme à l’époque nous n’avions jamais rencontré personne qui pratiquait et que c’était très peu rependu, on a fait énormément d’erreurs.

Quand j’y repense c’était un peu fou de dépenser autant d’argent dans une armure avec nos salaires d’apprenti en n’ayant vraiment aucune idée de ce dans quoi nous nous étions lancés.

                                                                        (Entrainement avril 2013)

Quels étaient tes objectifs en débutant ce sport ?

Dès le début je voulais être qualifié pour Battle of the Nations qui avait lieu en France cette année-là. C’était un peu un rêve de participer à un tel évènement. Sinon l’objectif était également de réussir à monter rapidement une équipe dans la région.

Peux-tu nous résumer rapidement ton parcours depuis 2013 et quels sont tes objectifs personnels aujourd’hui ?

Beaucoup de chemin et surtout de route parcourue depuis 2013. On a finalement réussi à monter rapidement nôtre équipe. On a participé à plusieurs tournois à l’international, plusieurs dizaines de tournois en France. J’ai été sélectionné à quatre reprises pour les championnats du monde. Tout ça nous permet de voyager  de vivre des moments forts et surtout d’en garder des souvenirs impérissables.

                                                       (Championnat du monde Belmonte mai 2014)

Selon toi, quelles sont les qualités requises pour être un bon combattant ?

Ça va dépendre du style de combat, mais de manière général, je dirais la condition physique, le mental et la rapidité de prise de décision.

                       (Montbazon 2016)

Quelles sont tes attentes pour les combattants d’Aquila ?

J’attends que chacun continue à s’engager et à s’entrainer au maximum. Une chaine n’est jamais plus solide que sont maillons le plus faible et nos résultats de l’année à venir dépendrons de l’investissement de chacun. J’espère que tous réussiront à être qualifiés pour les championnats de cette année à Barcelone. Et pourvus qu’on continue à s’amuser tous ensemble encore longtemps.

­ Un conseil pour les débutants ?

Ne vous lancez plus à l’aveugle comme on a pu le faire et demander conseil à des anciens. Ça vous évitera de reproduire les erreurs qu’on a faites par le passé. Aujourd’hui il y a des combattants dans toute les régions de France et des équipes dans presque toute. Alors aller les rencontrer. 😉

Un dernier mot ?

Bonne chance à toutes les équipes pour la saison 2017 qui s’annonce épique !

                                                   (Montbazon septembre 2013)

Interview réalisé par Dimitri.

Interview de Pierre Mouquod

Salut Pierre, peux-tu te présenter rapidement et nous dire comment tu as découvert le béhourd  ?

Moi c’est Pierre Mouquod, j’ai 26 ans, je vis dans le haut Doubs, et je suis technicien dans une centrale de production hydroélectrique. J’ai découvert le Béhourd en 2015 en tombant par hasard sur quelques vidéos Youtube. J’ai immédiatement été séduit par ce sport, la possibilité de se battre en armure d’époque, je ne pouvais pas rêver mieux ! J’ai pratiqué de nombreux sports depuis mon plus jeune âge mais toujours en loisir et la possibilité d’intégrer une équipe de Béhourd qui prend les choses très au sérieux m’a particulièrement motivé.

Tu fais partie d’Aquila Sequania, comment as-tu choisi cette équipe ?

J’ai recherché s’il y avait des équipes de Béhourd dans ma région et c’est comme ça que je suis tombé sur la page Facebook de l’association. Le fait de voir qu’ils étaient premiers du classement national a été intimidant au début, j’avais peur de ne pas être à la hauteur mais les « anciens » m’ont assuré qu’avec un entraînement régulier et une forte motivation il était possible de se mettre rapidement au niveau. Une journée d’initiation pour les nouveaux m’a permis de rencontrer les coéquipiers, et j’ai même pu faire un petit duel avec Alexis (qui lui aussi découvrait) en essayant l’armure de Roman.

Je dois dire que je ne m’attendais pas à ce que ça soit aussi lourd ! Quand on regarde une vidéo on ne peut vraiment pas se rendre compte de la difficulté à se battre en armure, mais après quelques rounds contre Alexis j’étais en nage et j’ai vite compris que j’allais devoir me mettre au niveau physiquement.

Sur les tournois de cette année lequel as-tu préféré et lequel a été le plus éprouvant ?

De tous les tournois de cette année celui qui m’a le plus marqué est celui du Faucon Noir à Montbazon. C’est un des plus gros tournois français avec en plus de nombreuses équipes étrangères comme les Russes ou les Anglais ce qui monte d’un cran les enjeux et la difficulté. Ce fut un tournoi éprouvant notamment avec le premier match qui s’est étendu sur trois rounds face aux Loups, mais aussi très formateur, car lorsque les rounds sont difficiles on apprécie vraiment la victoire.

On a fait notre premier tournoi ensemble, tu peux nous raconter ?

Mon premier tournoi s’est déroulé en mars 2016 pour le championnat de France. C’était le premier tournoi auquel je participais j’étais très nerveux et très stressé. J’avais reçu une bonne partie de mon équipement seulement une semaine avant ! Certains réglages de l’armure avait été faits seulement la veille. Toutes les équipes étaient galvanisées car au championnat de France, tout le monde veut faire de son mieux pour monter sur le podium. C’était difficile, je n’avais encore jamais porté mon armure sur une journée complète de combat, je m’y étais évidement préparé physiquement mais lorsqu’on enchaine des rounds intenses sans discontinuer, il faut savoir gérer son état de fatigue pour donner le maximum à chaque fois. A la fin de la journée, j’étais exténué, mais plutôt satisfait, on s’est donné à fond et même si c’était notre premier tournoi on s’en est pas mal sortis.

Tu as été à Battle of the nations en 2016 à Prague. Qu’est-ce que tu en as pensé et comment ça s’est passé pour toi ?

Battle of Nations c’était très impressionnant ! En tant que débutant, pouvoir participer au championnat du monde c’était très gratifiant. J’avais été sélectionné pour faire partie de l’équipe de France en 21vs21. C’était l’occasion de se mesurer à des pays étrangers et d’acquérir une grosse expérience sur le terrain. De plus le cadre pour se battre est très immersif avec une arène, un village médiéval et des artisans qui viennent vendre leur savoir-faire, tout participe à rendre l’événement inoubliable. Les combats ont été intenses et ardus et quand les matchs de 21vs21 ont été terminés nous sommes allés soutenir et encourager nos coéquipiers qui luttaient avec acharnement contre les meilleures équipes du monde dans la catégorie 5vs5.

La saison 2017 approche comment vois-tu les tournois qui nous attendent ?

L’année 2017 va s’annoncer rude et j’ai hâte d’y être. Il va non seulement falloir conserver notre première place du classement, mais en plus se démarquer au championnat de France afin d’être qualifié pour Battle of Nations. Il y a de plus en plus d’équipes et le niveau augmente, il s’agit donc de s’entraîner dur afin d’obtenir les meilleures places du podium.

Un petit mot pour la fin ?

N’hésitez pas à venir nous supporter à Saint Dizier en mars ou à venir essayer un de nos entrainements. Si vous vous sentez de plier de l’acier trempé et de transpirer dans une armure fidèle à celle du 14eme siècle, ce sport est fait pour vous.

Interview réalisé par Rémi.

Interview de Dimitri Jacquet.

Salut Dimitri, peux-tu te présenter rapidement pour les petits nouveaux ?

Bien sûr, pour commencer, je m’appelle Dimitri Jacquet, j’ai 23 ans, je vis dans le Jura français et je suis commercial approvisionnement pour une scierie. J’ai toujours été passionné par le Moyen Âge et je fréquentais déjà le domaine de la reconstitution médiévale avant le béhourd. Notamment par l’intermédiaire de mon père qui fait partie de l’organisation  d’ArchéoJuraSites. Cette association a pour but d’effectuer des fouilles sur la période Gallo-romaine et médiéval dans la région.

Nous avons pris la décision de nous lancer ensemble dans le béhourd sans réellement savoir vers quoi nous allions et quel chemin il nous fallait emprunter. Que penses-tu du parcours que nous avons réalisé ensemble depuis cette décision ?

Effectivement nous nous sommes lancée sur un coup de tête dans ce sport, un peu incognito, les débuts ont été difficiles, dans la mesure où nous n’avions aucune expérience, ni même aucune connaissance sur les équipements les plus adaptés à cette activité. Et surtout personne pour nous aiguiller puisque nous étions les premiers dans la région. Nous avons engagé des sommes d’argent assez conséquentes et changé des pièces d’armure à plus d’une reprise, pour pouvoir enfin arriver à quelque chose d’optimisé pour le combat. Après quelques tournois nous avons vite compris les objectifs personnels à atteindre. À partir de ce moment-là, notre ascension a été fulgurante parmi les combattants français. Concrètement aujourd’hui je suis assez fier de ce que nous avons accompli, de nos quatre qualifications en équipe de France et des résultats de notre équipe.

Le béhourd et l’engagement que tu peux y consacrer t’apportent-t-ils quelque chose de positif dans ta vie de tous les jours ?

J’ai toujours pratiqué une activité sportive, mais dans un esprit de loisirs. Le béhourd c’est un sport de compétition où nous devons affronter d’autres équipes, qui veulent elles aussi remporter le combat. Il faut donc un solide entraînement pour remporter des tournois. Auparavant je pratiquais la musculation de façon intensive, à raison de cinq séances par semaine. Avec le béhourd je me suis rendu compte que la force physique ne suffisait pas pour triompher lors d’un affrontement. J’ai donc dû dans la vie de tous les jours adapter mon sport personnel au béhourd et mélanger la musculation au cardio. Notamment par la pratique d’un sport très en vogue en ce moment, le crossfit. En parallèle j’essaye aussi de faire de plus en plus attention à mon alimentation. Je ne m’impose aucun traitement strict, je le fais avec plaisir.

Qu’est-ce qui te plaît autant dans ce sport ? Le combat à proprement parlé, le côté historique ?

Ce qui me plaît dans le béhourd, c’est la violence des combats. Ça me permet d’échapper complètement à mon quotidien. Une fois que je suis en lice, je ne pense plus qu’à une chose. C’est d’en sortir triomphant. L’ambiance est un des autres points positifs. Le côté historique est également un énorme plus. C’est très original par rapport  à d’autres sports de combat.

Ta famille et tes amis ont-ils un avis positif ou négatif sur le béhourd ?

Généralement mes proches ont un avis très positif sur le béhourd. Au début c’est un peu difficile de leur expliquer réellement ce que je fais. Ils pensent immédiatement au combat médiéval comme on a l’habitude de le voir dans les fêtes moyenâgeuses. Une fois que j’ai réussi à leur faire comprendre que c’est un sport de compétition, ils trouvent ça vraiment original, impressionnant et très divertissent. Par contre, très peu seraient prêts à s’y essayer. Ils nous trouvent malgré tout un peu fou.

Quel est ton plus vif souvenir lors d’un tournoi ?

Il y en a beaucoup ! Mes plus vif souvenir sont les combats acharnés qui dure plus de trois rounds et plus de 10 minutes, dans ces moments la le temps semble s’arrêter et c’est là que je repousse mes limites, c’est dans ces combats que le mental prime sur tout le reste.

Que conseilleras-tu à un nouveau qui voudrait se lancer aujourd’hui ?

Je lui conseille de se rapprocher du club le plus proche de chez lui, d’essayer à un entrainement et dans l’idéal participé à un tournoi. Ensuite, investir dans une armure de qualité et se lancer. Après en fonction de l’importance et l’assiduité qu’il y met, ne pas hésiter à postuler dans un club qui prend les choses plus au sérieux.

Pour conclure quels sont tes objectifs personnels pour la suite et comment envisages-tu l’évolution de notre équipe ?

Dans l’avenir j’espère continuer à faire partie des meilleurs combattants français. Je continuerai en tout cas à orienter mes entraînements dans ce sens. J’espère aussi que ce sport sera un jour reconnu officiellement en tant que tel par nos gouvernements. Et pourquoi pas que des équipes semi-professionnelle fassent leurs apparitions.

En ce qui concerne Aquila Sequania, j’aimerais qu’on devienne un club puissant et renommé par tous les combattants de béhourd dans le monde.  Avec des moyens financiers importants, qui nous permettrai de participer à un maximum de tournois internationaux. Et que ces membres apprennent à avoir un état d’esprit de sportif et un physique d’acier ou règne la cohésion et la discipline. Dans le seul but d’enchaîner les victoires. 

                                                                                                                     Interview réalisé par Roman.

 

Interview d’Alexis Jeandroz

Salut Alexis peux-tu te présenter ?

 

Je me présente Alexis je viens tout juste d’avoir 20 ans. J’habite en Franche-Comté dans le département du Doubs depuis mon plus jeune âge. J’ai toujours été émerveillé par les armures et la vaste époque du moyen-âge, quant aux magnifiques bâtiments tels-que les forteresses.

Comment as-tu connu le béhourd et qu’est ce qui t’a donné envie de le pratiquer ?

Je regardais des vidéos de forgeron et de représentations historiques quand je suis tombé sur la vidéo « WORLD CHAMPIONSHIP « Battle of the Nations » – 2013 in France Promo ». Quand j’ai vu cela, je suis tombé sous le charme, j’ai donc regardé d’autres vidéos et des interviews afin de me renseigner sur ce sport. J’ai commencé à en parler dans mon entourage pendant deux ans, je suis allez sur des marchés Médiévaux, j’ai fait une séance de combat à l’épée à deux-mains. Mais je ne trouvais pas ce que je voulais.

C’est en Septembre 2015 que je suis tombé sur le site d’Aquila Sequania, j’ai donc envoyé un message et je me suis dit « on verra bien ». J’ai été recontacté et j’ai pu essayer de combattre en armure et c’est là que j’ai découvert que c’était un vrai sport, j’ignorais que c’était aussi physique.

A part le béhourd as-tu d’autres passions ?

Oui je pratique le VTT (Vélo de descente et Dirt) et cela me fait une sacré sommes d’argent en plus de l’armure, mais je fais ce que j’aime et c’est le principal, il faut profiter au maximum de son temps libre pour faire ce que l’on aime et ne pas hésiter à foncer.

Voilà une saison de faite au sein de l’équipe Aquila Sequania, peux-tu nous en faire un résumé ?

J’ai passé une très bonne année, je n’ai jamais été autant en déplacement en si peu de temps et c’est agréable de partir un week-end avec les potes de l’équipe, on passe toujours de bon moment. Lors de cette saison  j’ai fait cinq Tournois comme la majorité des membres de mon équipe. Nous sommes quatre à avoir débuté en même temps et l’on peut constater une très bonne évolution de chacun. On a également pas mal travaillé sur l’évolution de notre matos d’entrainements, notamment une lice en bois.

Quels moments t’ont le plus marqué ?

Sans hésiter, le Tournoi de Tourcoing 2015 en novembre, car je devais être spectateur mais cela s’est passé autrement. Je regardais les combats, il n’y avait que Roman et Rémi qui se battait associé à des combattants de chez Martel. Il y a eu des blessés et malheureusement pas assez de remplaçant, alors Roman m’a dit de m’équiper avec l’armure de Grégory blessé afin de le remplacer. Je n’avais aucuns entrainements à mon actif, simplement une petite découverte en armure. C’est donc plus tôt que prévu que j’ai débuté mon premier tournoi

Tu es le plus jeune de l’équipe. Quelles sont tes ambitions pour les prochaines années et plus précisément la saison prochaine ?

Pour la saison prochaine, je change d’arme, je m’équipe d’une hache à deux mains et j’ai hâte d’essayer. Sinon j’espère être sélectionné en 5vs5 à Battle of Nations surtout que le cadre est super, l’arène de Barcelone… Quoi de mieux pour motiver les combattants avec une foule en délire ?! Je souhaite également rendre honneur à mon aigle en faisant le maximum pour que l’équipe garde la première place du classement annuel. Quant aux prochaines années j’espère continuer sur ma lancé avec la même équipe et surtout les mêmes membres et combattre à la dynamo cup à Moscou. Mais à l’heure d’aujourd’hui je ne sais pas si je pourrai combattre en 2018 car je passe mon BTS cette année et je souhaite continuer mes études qui pourrait me conduire dans une autre région. Si cela se produit je continuerai à suivre Aquila et je reviendrai dès que possible donc je croise les doigts.

Quelle est la réaction de ton entourage quand tu leurs expliquent que tu pratique le Béhourd ?

Déjà on me pose toujours la question « qu’est-ce donc ? », puis je leurs expliquent et les réactions sont différentes en fonction des personnes. Certaines sont très curieuses, d’autres ne comprennent pas vraiment pourquoi je fais ça et se moque mais je ne peux pas leur en vouloir…

Un dernier mot pour finir ?

Goutez ce vin jaune
Il est le meilleur
Tout comme sa région
Quand vous le gouterez, vous comprendrez !

                                                                                                                     Interview réalisé par Romain.

Interview de Rémi Marchand

Rémi, jurassien de 26 ans, fait partie d’Aquila Sequania depuis une année maintenant. Ses premiers pas sur la lice l’ont conduit à devenir un combattant émérite de l’équipe : il a récemment obtenu son aigle, symbole de ses efforts récompensés et de la reconnaissance que lui porte l’équipe. Il nous raconte son expérience dans cette petite interview.

Comment as-tu découvert le béhourd ? Avais-tu une expérience quelconque du combat ?

J’ai découvert le béhourd il y a quelques années sur le net sans trop me dire que je pouvais en faire et il y a un an, un ami m’a proposé de venir essayer et de rencontrer les gars d’Aquila Sequania et c’est là que je me suis lancé.
J’ai participé à mon premier tournoi à Tourcoing en 2015, c’était super et j’ai adoré ça. Avant je faisais de la reconstitution médiévale. On se battait souvent mais rien de comparable au béhourd ou là ça tape vraiment. En lice on n’est pas là pour rigoler.

Le béhourd est un sport violent et éprouvant. Comment te prépares-tu physiquement et mentalement entre deux tournois ?

Pour le physique et surtout le cardio, qui est très important, je fais des entrainements la semaine soit en m’entrainant à frapper au fauchon et au bouclier sur un pneu ou du bois, soit des entraînements type crossfit. Après, pendant nos entraînements collectifs, on se fait des circuits de cardio en armure, plutôt épuisant mais c’est super. En ce qui concerne le mental, c’est constant. En fait je ne pense qu’à ça. Je suis toujours motivé, je regarde beaucoup de vidéo des précédents combats et ont se motivent tous entre nous, c’est ça être une équipe.

Comment les personnes de ton entourage réagissent-elles lorsqu’elles découvrent ton hobby ?

C’est assez varié. Souvent au début ils ne comprennent pas trop, il y a un temps d’interrogation et d’incompréhension ou même des personnes qui n’y croient pas. Beaucoup de remarques reviennent souvent sur le fait que l’on ne se ménage pas pour se taper dessus, sur la sécurité, les règles, ce genre de choses. Une petite vidéo rassure plus rapidement ces personnes, ils comprennent en quoi consiste notre sport et qu’avec un bon équipement on ne risque pas grand-chose. J’ai beaucoup d’amis ou de collègues de travail qui se tiennent régulièrement au courant des tournois auxquels nous participons et qui envoient des petits messages d’encouragement ou qui aimeraient venir y assister.

 

En parlant de tournoi, quel est ton plus vif souvenir en compétition ?

Le coup de hache à 2 mains de Vladimir (de la Confrérie des Loups) à Montbazon, sans hésiter.
C’était lors du 2ème round contre les Loups. Si je me souviens bien, mon but était de mettre Vladimir à terre parce qu’il est redoutable avec une arme à deux main, tout le monde le sait, alors je lui ai foncé dessus mais un de ses coéquipiers m’a attrapé et emmené dans les barrières. Je savais que Vladimir était derrière moi, je me suis retourné et c’est là que j’ai vu le fer de vouge arriver sur mon casque, la jugulaire était mal serrée et j’ai mangé mon casque en plein dans le nez (ça pique). Je me suis retrouvé bien sonné mais j’ai tenu, j’ai réussi à me dégager, attraper Vladimir et je l’ai entraîné avec moi au sol. Lorsque je suis sorti de la lice, les secouristes m’ont pris en charge et j’ai retrouvé Vladimir pour en rire et prendre une petite photo souvenir.

Le béhourd c’est aussi le choix des armes. Quelles sont tes préférées ?

Mes armes favorites sont le fauchon et le bouclier. C’est polyvalent. Le bouclier est considéré comme une arme, il est utilisé de manière défensive et offensive. Un bon coup de bouclier, bien placé, peut avoir beaucoup plus d’impact sur un adversaire qu’un coup de fauchon : des types énormes que tu ne pourrais pas couché en un coup de fauchon se retrouvent parfois bien plus vite au sol à coup de bouclier dans la tête. Le fauchon est aussi très important : il faut une taille, une forme et un poids qui te convienne. Il faut que ça fasse des dégâts quand même, on ne va pas y passer trois heures pour coucher un combattant, c’est se fatiguer pour rien.

À la veille d’un tournoi, quel est ton état d’esprit ?

Stressé et pressé d’y être, gonflé à bloc !

Qu’est-ce que tu recherches dans ce sport ? Quel objectif te fixes-tu pour cette année ?

Comme beaucoup la victoire, j’adore me battre dans la lice, ça défoule ça vide la tête. C’est du travail d’équipe et c’est dur physiquement mais on est là pour s’arracher, faut tout donner.
Pour cette année mon objectif c’est de montrer de quoi je suis capable, d’évoluer et d’être qualifié pour aller aux championnats du monde et participer à des tournois à l’international.

Que conseillerais-tu à une personne qui voudrait commencer le béhourd ?

Si tu as le mental, si tu n’as pas peur d’en prendre plein la tête et de passer des weekends à te battre en armure, alors fonce ! Les finances également ça compte beaucoup, car une armure ça coûte cher. Mais je pense que pour débuter et se lancer il faut être plus que motivé et ne pas avoir peur de foncer dans le tas. Le physique aussi est très important : il faut être capable d’avoir plus de 25kg sur le dos toute la journée et d’enchaîner les combats sans rien lâcher. C’est très difficile, surtout pour un débutant. Mais si vous êtes motivés, il ne faut pas hésitez à vous lancer.

                                                                                                                       Interview réalisé par Erwann.

Interview d’Erwann Feuvrier Etevenard

 

Pour commencer Erwann, peux-tu te présenter et nous expliquer ce qui t’a amené au béhourd ?

Moi c’est Erwann, 24 ans, habitant du Haut-Doubs depuis toujours. J’ai toujours eu la passion de l’histoire et du Moyen-Âge en particulier et j’ai toujours regardé avec envie le monde de la reconstitution. Et puis un jour je suis tombé sur le reportage de Vice qui couvrait Battle of The Nations à Aigues-Mortes en 2013 et j’ai découvert un univers fascinant, où la reconstitution rejoignait le sport de combat.

Comment as-tu découvert Aquila ?

Lorsque que je me suis décidé à approcher l’univers du béhourd, j’ai fait une recherche des équipes présentes près de chez moi depuis le site de la fédération française de béhourd. J’ai découvert qu’il y avait une équipe qui s’appelait Aquila Sequania, première de France au classement nationale. Je me suis alors dit : «quoi de mieux pour débuter que d’intégrer la meilleure ?». 

Selon toi, qu’est ce qui fait la force de l’équipe ?

Nos vétérans, Roman et Dimitri. Ils ont plusieurs années d’expérience dans ce sport, dans le milieu ils connaissent tout le monde. Que ce soit les autres équipes ou les forgerons qui sauront nous forger les meilleures pièces, et bien entendu leur présence fait la différence dans la lice. Ils sont endurcis et inspirent les nouveaux arrivants comme moi.

Depuis que tu as commencé, y a-t-il un tournoi en France qui t’a marqué en particulier ?

Tourcoing, le dernier tournoi de la saison. Parce qu’on a fini 3eme derrière les meilleurs combattants d’Angleterre. On a même battu l’équipe sur la deuxième marche dans notre pool de départ. Étrangement c’est avant ce tournoi que j’ai été le plus nerveux. Il fallait absolument briller pour assurer notre première place au classement nationale. Tout reposait sur nos épaules. Mais on s’est battu durement et avec le renfort de trois combattants de la Confrérie des Loups on a permis à la France d’avoir au moins  une équipe sur ce podium.

Tu as fait partie de l’équipe de France pour Battle of Nations en 21vs21 cette année. Comment as-tu vécu cette expérience et qu’en retires-tu ?

C’était très impressionnant. On faisait face aux meilleurs combattants mondiaux, parfois des hommes qui combattaient depuis plus de 10 ans. Chaque entrée dans la lice était l’occasion de faire monter le palpitant dans les tours. Dans cette lice, entourée d’une foule hurlante, de coéquipiers à nos côtés et d’adversaires face auxquels il faut prouver la hardiesse de l’ost de France ! Les combats étaient vraiment épiques. J’ai vraiment découvert le 21vs à cette occasion. Mais je trouve que c’est une catégorie spectacle, le 21 c’est fait pour amuser le public, en vérité tout le monde veut se battre en 5vs5. Mais c’est une expérience que je ne regrette pas, c’est certain.

Quel regard portes-tu sur la saison 2016 et quels sont les enjeux de l’année prochaine ? As-tu un objectif ?

Le but désormais est de se maintenir dans le haut du podium des équipes françaises et de me qualifier pour les 5vs5 à Battle. La prochaine saison s’annonce difficile mais passionnante. Le béhourd se démocratise de plus en plus et de nouveaux combattants apparaissent à chaque tournoi. En parallèle les vétérans deviennent de plus en plus forts. Le challenge est là. Maintenant il faudra savoir le relever, s’entraîner dur pour défendre les couleurs et l’honneur de l’équipe. Et surtout être sélectionné pour Battle of the Nations où nous sera donnée l’occasion de défendre les couleurs plus seulement de notre équipe mais de la France.

Que conseillerais-tu à un nouveau qui voudrait se lancer ?

D’abord d’essayer. D’approcher une équipe, d’enfiler une armure et de participer à un combat. Si ça vous plaît, si vous êtes apte, alors il ni a plus qu’a foncer. Il important aussi d’avoir à l’esprit que l’on sera souvent amené à participer à des tournois en France, à s’entraîner (le plus important), et bien évidemment à s’équiper. Tout cela prend du temps et de l’argent. Donc gérez bien votre budget, a fortiori si le béhourd commence à vous passionner : nombreux sont les combattants qui achètent des pièces d’armures comme les femmes des chaussures. Mais quand on aime, on ne compte pas !

Le mot de la fin ?

À bientôt à Saint-Dizier 😉

                                                                                                                          Interview réalisé par Pierre.