Interview d’Erwann Feuvrier Etevenard

 

Pour commencer Erwann, peux-tu te présenter et nous expliquer ce qui t’a amené au béhourd ?

Moi c’est Erwann, 24 ans, habitant du Haut-Doubs depuis toujours. J’ai toujours eu la passion de l’histoire et du Moyen-Âge en particulier et j’ai toujours regardé avec envie le monde de la reconstitution. Et puis un jour je suis tombé sur le reportage de Vice qui couvrait Battle of The Nations à Aigues-Mortes en 2013 et j’ai découvert un univers fascinant, où la reconstitution rejoignait le sport de combat.

Comment as-tu découvert Aquila ?

Lorsque que je me suis décidé à approcher l’univers du béhourd, j’ai fait une recherche des équipes présentes près de chez moi depuis le site de la fédération française de béhourd. J’ai découvert qu’il y avait une équipe qui s’appelait Aquila Sequania, première de France au classement nationale. Je me suis alors dit : «quoi de mieux pour débuter que d’intégrer la meilleure ?». 

Selon toi, qu’est ce qui fait la force de l’équipe ?

Nos vétérans, Roman et Dimitri. Ils ont plusieurs années d’expérience dans ce sport, dans le milieu ils connaissent tout le monde. Que ce soit les autres équipes ou les forgerons qui sauront nous forger les meilleures pièces, et bien entendu leur présence fait la différence dans la lice. Ils sont endurcis et inspirent les nouveaux arrivants comme moi.

Depuis que tu as commencé, y a-t-il un tournoi en France qui t’a marqué en particulier ?

Tourcoing, le dernier tournoi de la saison. Parce qu’on a fini 3eme derrière les meilleurs combattants d’Angleterre. On a même battu l’équipe sur la deuxième marche dans notre pool de départ. Étrangement c’est avant ce tournoi que j’ai été le plus nerveux. Il fallait absolument briller pour assurer notre première place au classement nationale. Tout reposait sur nos épaules. Mais on s’est battu durement et avec le renfort de trois combattants de la Confrérie des Loups on a permis à la France d’avoir au moins  une équipe sur ce podium.

Tu as fait partie de l’équipe de France pour Battle of Nations en 21vs21 cette année. Comment as-tu vécu cette expérience et qu’en retires-tu ?

C’était très impressionnant. On faisait face aux meilleurs combattants mondiaux, parfois des hommes qui combattaient depuis plus de 10 ans. Chaque entrée dans la lice était l’occasion de faire monter le palpitant dans les tours. Dans cette lice, entourée d’une foule hurlante, de coéquipiers à nos côtés et d’adversaires face auxquels il faut prouver la hardiesse de l’ost de France ! Les combats étaient vraiment épiques. J’ai vraiment découvert le 21vs à cette occasion. Mais je trouve que c’est une catégorie spectacle, le 21 c’est fait pour amuser le public, en vérité tout le monde veut se battre en 5vs5. Mais c’est une expérience que je ne regrette pas, c’est certain.

Quel regard portes-tu sur la saison 2016 et quels sont les enjeux de l’année prochaine ? As-tu un objectif ?

Le but désormais est de se maintenir dans le haut du podium des équipes françaises et de me qualifier pour les 5vs5 à Battle. La prochaine saison s’annonce difficile mais passionnante. Le béhourd se démocratise de plus en plus et de nouveaux combattants apparaissent à chaque tournoi. En parallèle les vétérans deviennent de plus en plus forts. Le challenge est là. Maintenant il faudra savoir le relever, s’entraîner dur pour défendre les couleurs et l’honneur de l’équipe. Et surtout être sélectionné pour Battle of the Nations où nous sera donnée l’occasion de défendre les couleurs plus seulement de notre équipe mais de la France.

Que conseillerais-tu à un nouveau qui voudrait se lancer ?

D’abord d’essayer. D’approcher une équipe, d’enfiler une armure et de participer à un combat. Si ça vous plaît, si vous êtes apte, alors il ni a plus qu’a foncer. Il important aussi d’avoir à l’esprit que l’on sera souvent amené à participer à des tournois en France, à s’entraîner (le plus important), et bien évidemment à s’équiper. Tout cela prend du temps et de l’argent. Donc gérez bien votre budget, a fortiori si le béhourd commence à vous passionner : nombreux sont les combattants qui achètent des pièces d’armures comme les femmes des chaussures. Mais quand on aime, on ne compte pas !

Le mot de la fin ?

À bientôt à Saint-Dizier 😉

                                                                                                                          Interview réalisé par Pierre.