Interview de Rémi Marchand

Rémi, jurassien de 26 ans, fait partie d’Aquila Sequania depuis une année maintenant. Ses premiers pas sur la lice l’ont conduit à devenir un combattant émérite de l’équipe : il a récemment obtenu son aigle, symbole de ses efforts récompensés et de la reconnaissance que lui porte l’équipe. Il nous raconte son expérience dans cette petite interview.

Comment as-tu découvert le béhourd ? Avais-tu une expérience quelconque du combat ?

J’ai découvert le béhourd il y a quelques années sur le net sans trop me dire que je pouvais en faire et il y a un an, un ami m’a proposé de venir essayer et de rencontrer les gars d’Aquila Sequania et c’est là que je me suis lancé.
J’ai participé à mon premier tournoi à Tourcoing en 2015, c’était super et j’ai adoré ça. Avant je faisais de la reconstitution médiévale. On se battait souvent mais rien de comparable au béhourd ou là ça tape vraiment. En lice on n’est pas là pour rigoler.

Le béhourd est un sport violent et éprouvant. Comment te prépares-tu physiquement et mentalement entre deux tournois ?

Pour le physique et surtout le cardio, qui est très important, je fais des entrainements la semaine soit en m’entrainant à frapper au fauchon et au bouclier sur un pneu ou du bois, soit des entraînements type crossfit. Après, pendant nos entraînements collectifs, on se fait des circuits de cardio en armure, plutôt épuisant mais c’est super. En ce qui concerne le mental, c’est constant. En fait je ne pense qu’à ça. Je suis toujours motivé, je regarde beaucoup de vidéo des précédents combats et ont se motivent tous entre nous, c’est ça être une équipe.

Comment les personnes de ton entourage réagissent-elles lorsqu’elles découvrent ton hobby ?

C’est assez varié. Souvent au début ils ne comprennent pas trop, il y a un temps d’interrogation et d’incompréhension ou même des personnes qui n’y croient pas. Beaucoup de remarques reviennent souvent sur le fait que l’on ne se ménage pas pour se taper dessus, sur la sécurité, les règles, ce genre de choses. Une petite vidéo rassure plus rapidement ces personnes, ils comprennent en quoi consiste notre sport et qu’avec un bon équipement on ne risque pas grand-chose. J’ai beaucoup d’amis ou de collègues de travail qui se tiennent régulièrement au courant des tournois auxquels nous participons et qui envoient des petits messages d’encouragement ou qui aimeraient venir y assister.

 

En parlant de tournoi, quel est ton plus vif souvenir en compétition ?

Le coup de hache à 2 mains de Vladimir (de la Confrérie des Loups) à Montbazon, sans hésiter.
C’était lors du 2ème round contre les Loups. Si je me souviens bien, mon but était de mettre Vladimir à terre parce qu’il est redoutable avec une arme à deux main, tout le monde le sait, alors je lui ai foncé dessus mais un de ses coéquipiers m’a attrapé et emmené dans les barrières. Je savais que Vladimir était derrière moi, je me suis retourné et c’est là que j’ai vu le fer de vouge arriver sur mon casque, la jugulaire était mal serrée et j’ai mangé mon casque en plein dans le nez (ça pique). Je me suis retrouvé bien sonné mais j’ai tenu, j’ai réussi à me dégager, attraper Vladimir et je l’ai entraîné avec moi au sol. Lorsque je suis sorti de la lice, les secouristes m’ont pris en charge et j’ai retrouvé Vladimir pour en rire et prendre une petite photo souvenir.

Le béhourd c’est aussi le choix des armes. Quelles sont tes préférées ?

Mes armes favorites sont le fauchon et le bouclier. C’est polyvalent. Le bouclier est considéré comme une arme, il est utilisé de manière défensive et offensive. Un bon coup de bouclier, bien placé, peut avoir beaucoup plus d’impact sur un adversaire qu’un coup de fauchon : des types énormes que tu ne pourrais pas couché en un coup de fauchon se retrouvent parfois bien plus vite au sol à coup de bouclier dans la tête. Le fauchon est aussi très important : il faut une taille, une forme et un poids qui te convienne. Il faut que ça fasse des dégâts quand même, on ne va pas y passer trois heures pour coucher un combattant, c’est se fatiguer pour rien.

À la veille d’un tournoi, quel est ton état d’esprit ?

Stressé et pressé d’y être, gonflé à bloc !

Qu’est-ce que tu recherches dans ce sport ? Quel objectif te fixes-tu pour cette année ?

Comme beaucoup la victoire, j’adore me battre dans la lice, ça défoule ça vide la tête. C’est du travail d’équipe et c’est dur physiquement mais on est là pour s’arracher, faut tout donner.
Pour cette année mon objectif c’est de montrer de quoi je suis capable, d’évoluer et d’être qualifié pour aller aux championnats du monde et participer à des tournois à l’international.

Que conseillerais-tu à une personne qui voudrait commencer le béhourd ?

Si tu as le mental, si tu n’as pas peur d’en prendre plein la tête et de passer des weekends à te battre en armure, alors fonce ! Les finances également ça compte beaucoup, car une armure ça coûte cher. Mais je pense que pour débuter et se lancer il faut être plus que motivé et ne pas avoir peur de foncer dans le tas. Le physique aussi est très important : il faut être capable d’avoir plus de 25kg sur le dos toute la journée et d’enchaîner les combats sans rien lâcher. C’est très difficile, surtout pour un débutant. Mais si vous êtes motivés, il ne faut pas hésitez à vous lancer.

                                                                                                                       Interview réalisé par Erwann.