Interview de Dimitri Jacquet.

Salut Dimitri, peux-tu te présenter rapidement pour les petits nouveaux ?

Bien sûr, pour commencer, je m’appelle Dimitri Jacquet, j’ai 23 ans, je vis dans le Jura français et je suis commercial approvisionnement pour une scierie. J’ai toujours été passionné par le Moyen Âge et je fréquentais déjà le domaine de la reconstitution médiévale avant le béhourd. Notamment par l’intermédiaire de mon père qui fait partie de l’organisation  d’ArchéoJuraSites. Cette association a pour but d’effectuer des fouilles sur la période Gallo-romaine et médiéval dans la région.

Nous avons pris la décision de nous lancer ensemble dans le béhourd sans réellement savoir vers quoi nous allions et quel chemin il nous fallait emprunter. Que penses-tu du parcours que nous avons réalisé ensemble depuis cette décision ?

Effectivement nous nous sommes lancée sur un coup de tête dans ce sport, un peu incognito, les débuts ont été difficiles, dans la mesure où nous n’avions aucune expérience, ni même aucune connaissance sur les équipements les plus adaptés à cette activité. Et surtout personne pour nous aiguiller puisque nous étions les premiers dans la région. Nous avons engagé des sommes d’argent assez conséquentes et changé des pièces d’armure à plus d’une reprise, pour pouvoir enfin arriver à quelque chose d’optimisé pour le combat. Après quelques tournois nous avons vite compris les objectifs personnels à atteindre. À partir de ce moment-là, notre ascension a été fulgurante parmi les combattants français. Concrètement aujourd’hui je suis assez fier de ce que nous avons accompli, de nos quatre qualifications en équipe de France et des résultats de notre équipe.

Le béhourd et l’engagement que tu peux y consacrer t’apportent-t-ils quelque chose de positif dans ta vie de tous les jours ?

J’ai toujours pratiqué une activité sportive, mais dans un esprit de loisirs. Le béhourd c’est un sport de compétition où nous devons affronter d’autres équipes, qui veulent elles aussi remporter le combat. Il faut donc un solide entraînement pour remporter des tournois. Auparavant je pratiquais la musculation de façon intensive, à raison de cinq séances par semaine. Avec le béhourd je me suis rendu compte que la force physique ne suffisait pas pour triompher lors d’un affrontement. J’ai donc dû dans la vie de tous les jours adapter mon sport personnel au béhourd et mélanger la musculation au cardio. Notamment par la pratique d’un sport très en vogue en ce moment, le crossfit. En parallèle j’essaye aussi de faire de plus en plus attention à mon alimentation. Je ne m’impose aucun traitement strict, je le fais avec plaisir.

Qu’est-ce qui te plaît autant dans ce sport ? Le combat à proprement parlé, le côté historique ?

Ce qui me plaît dans le béhourd, c’est la violence des combats. Ça me permet d’échapper complètement à mon quotidien. Une fois que je suis en lice, je ne pense plus qu’à une chose. C’est d’en sortir triomphant. L’ambiance est un des autres points positifs. Le côté historique est également un énorme plus. C’est très original par rapport  à d’autres sports de combat.

Ta famille et tes amis ont-ils un avis positif ou négatif sur le béhourd ?

Généralement mes proches ont un avis très positif sur le béhourd. Au début c’est un peu difficile de leur expliquer réellement ce que je fais. Ils pensent immédiatement au combat médiéval comme on a l’habitude de le voir dans les fêtes moyenâgeuses. Une fois que j’ai réussi à leur faire comprendre que c’est un sport de compétition, ils trouvent ça vraiment original, impressionnant et très divertissent. Par contre, très peu seraient prêts à s’y essayer. Ils nous trouvent malgré tout un peu fou.

Quel est ton plus vif souvenir lors d’un tournoi ?

Il y en a beaucoup ! Mes plus vif souvenir sont les combats acharnés qui dure plus de trois rounds et plus de 10 minutes, dans ces moments la le temps semble s’arrêter et c’est là que je repousse mes limites, c’est dans ces combats que le mental prime sur tout le reste.

Que conseilleras-tu à un nouveau qui voudrait se lancer aujourd’hui ?

Je lui conseille de se rapprocher du club le plus proche de chez lui, d’essayer à un entrainement et dans l’idéal participé à un tournoi. Ensuite, investir dans une armure de qualité et se lancer. Après en fonction de l’importance et l’assiduité qu’il y met, ne pas hésiter à postuler dans un club qui prend les choses plus au sérieux.

Pour conclure quels sont tes objectifs personnels pour la suite et comment envisages-tu l’évolution de notre équipe ?

Dans l’avenir j’espère continuer à faire partie des meilleurs combattants français. Je continuerai en tout cas à orienter mes entraînements dans ce sens. J’espère aussi que ce sport sera un jour reconnu officiellement en tant que tel par nos gouvernements. Et pourquoi pas que des équipes semi-professionnelle fassent leurs apparitions.

En ce qui concerne Aquila Sequania, j’aimerais qu’on devienne un club puissant et renommé par tous les combattants de béhourd dans le monde.  Avec des moyens financiers importants, qui nous permettrai de participer à un maximum de tournois internationaux. Et que ces membres apprennent à avoir un état d’esprit de sportif et un physique d’acier ou règne la cohésion et la discipline. Dans le seul but d’enchaîner les victoires. 

                                                                                                                     Interview réalisé par Roman.